Gauvreau, Georges
 
Georges Gauvreau a joué un rôle déterminant dans l’avènement et le succès du théâtre professionnel francophone à Montréal. Le hasard l’a bien servi puisqu’il possédait le restaurant adjacent à l’endroit où le comédien et metteur en scène Julien Daoust faisait construire le futur Théâtre National (sur Sainte-Catherine, près du coin de Beaudry) inauguré en août 1900. Confronté à des difficultés financières, Daoust cède son théâtre à Gauvreau à peine trois semaines après l’ouverture. Ce dernier y entreprend immédiatement des rénovations. Il sait que pour assurer la rentabilité de l’entreprise, il doit détourner le public francophone des salles anglaises qu’il fréquente avec assiduité. Et il comprend que le seul moyen d’y arriver est d’offrir à ce public le même type de spectacles, mais en français. C’est dans ce but qu’il recrute Paul Cazeneuve et lui confie la direction artistique de son théâtre. Artiste français ayant fait carrière dans les grandes compagnies américaines de tournée, Cazeneuve entreprend de québéciser les plus grands succès de Broadway (qui sont souvent des adaptations américaines de versions londoniennes des plus grands succès parisiens). Le succès est immédiat et le public est séduit. Gauvreau favorise ensuite le développement d’un nouveau genre à succès, la revue québécoise, dont le Théâtre National va largement bénéficier.
En 1907, Gauvreau construit le Nationoscope, salle de cinéma de six cents places située au coin des rues Saint-André et Sainte-Catherine, dans le but avoué de concurrencer son ancien éclairagiste (on utilisait à l’époque le terme « électricien »), Léo-Ernest Ouimet, dont le Ouimetoscope (qui se trouve juste à côté du Théâtre National) attire les foules. Homme d’affaires audacieux, possédant un excellent flair artistique, Georges Gauvreau a su s’entourer de créateurs et d’artistes particulièrement doués (du Québec et de l’étranger) et donner au théâtre professionnel francophone l’élan qui devait l’imposer de manière définitive.
 
 
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Bioscope en l'an 1900
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Pour en savoir plus
Sirois-Trahan, Jean-Pierre. 1996. « Quand le Nationoscope dama le pion au Ouimetoscope ». Dans Gaudreault, André, Germain Lacasse, Jean-Pierre Sirois-Trahan, Au pays des ennemis du cinéma… pour une nouvelle histoire des débuts du cinéma au Québec, p. 163-177. Québec : Nuit blanche éditeur.