Kerstrat, Marie de
 
Marie de Kerstrat, comtesse de Grandsaignes d’Hauterives, est la plus importante exploitante de cinéma au Québec avant l’ouverture des salles permanentes en 1906, et l’une des premières femmes actives dans ce domaine à son époque. Après avoir quitté la France en 1897 avec son fils Henry de Grandsaignes d’Hauterives, elle assume pendant une quinzaine d’années la gestion d’un cinéma ambulant baptisé « Historiographe » qui présente un mélange de vues historiques et de films divertissants. Elle développe son activité dans l’est des États-Unis, et effectue pendant dix ans (de 1897 à 1906) des tournées annuelles au Québec. Ses projections se déroulent autant à Montréal que dans des petites localités telles Roberval, Ste-Agathe ou Warwick, où elle présente son programme aussi bien dans les écoles, que dans les salles paroissiales ou les théâtres. L’Historiographe offre surtout des films français, achetés chez Lumière, Méliès et Pathé, dont les sujets sont en partie historiques et didactiques (Jeanne D’Arc, L’épopée napoléonienne) et en partie divertissants (Le voyage dans la lune, Le château hanté). Après l’ouverture des premiers cinémas permanents, la comtesse et son fils exploitèrent des salles à New York et à Saint Louis, mais ils abandonnèrent le cinéma en 1913 à cause de la monopolisation qui limitait la liberté des petits exploitants.
 
 
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Bioscope en l'an 1900
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Pour en savoir plus
Duigou, Serge, Germain Lacasse. 1985. L’Historiographe : Les débuts du spectacle cinématographique au Québec. Montréal : Cinémathèque Québécoise.
Duigou, Serge, Germain Lacasse. 1987. Marie de Kerstrat, l’aristocrate du cinématographe. Quimper : Ressac.