Parcours interactifs

Milieu rural (1897-1905)

-- Présentation
  La première projection cinématographique au Canada a lieu à Montréal le 27 juin 1896, grâce aux projectionnistes français Louis Minier et Louis Pupier. Le public canadien découvre la magi des images en mouvement grâce à leur Cinématographe Lumière. Le vicomte Henry de Grandsaigne d’Hauterives et sa mère Marie de Kerstrat, quant à eux, comptent parmi les premiers projectionnistes ambulants au Québec, particulièrement actifs de 1897 à 1906. De nationalité française, ils parcourent la province en projetant entre autres, les films des compagnies françaises Lumière, Méliès et Pathé.

Charles Pathé
Marie de Kerstrat
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Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec Source : Duigou, Serge et Germain Lacasse. Marie de Kerstrat. L’aristocrate du cinématographe.Rennes: Ouest-France, 2002.
Charles Pathé et son frère Émile fondent la maison de production française Pathé en 1896.  

Les frères Lumière
L’équipe de l’historiographe
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Duigou, Serge et Germain Lacasse.Marie de Kerstrat. L’aristocrate du cinématographe . Rennes:Ouest-France, 2002.
Auguste et Louis Lumière, célèbres pour l’invention du cinématographe Lumière, qui sert à la fois de caméra et de projecteur comptent parmi les rares pionniers du cinéma Marie de Kerstrat et Henry d’Hauterives, accompagnés de leur personnel, devant le cinéma qu’ils exploitent à Saint-Louis au Missouri en 1908. Henry d’Hauterives,cinquième à droite est vêtu d’une chemise blanche.Marie de Kerstrat est au guichet.

Henry d’Hauterives
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Source : Duigou, Serge et Germain Lacasse. Marie de Kerstrat. L’aristocrate du cinématographe.Rennes: Ouest-France, 2002.
Henry D’Hauterives, l’un des premiers projectionnistes ambulants au Québec.
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-- Distribution de la programmation
  Dès 1896, au Québec, les projectionnistes se déplacent de ville en ville avec leur projecteur qu’ils baptisent souvent d’un nom spécifique pour se démarquer des autres, tel Henry d’Hauterives avec son Historiographe.Les projections se tenaient dans des lieux publics, comme les salles paroissiales, les écoles et les parcs.L’événement était souvent annoncé par de jeunes gens qui distribuaient la programmation dans les rues. Les premières vues animées, que l’on n’appelle pas encore cinéma, tirent leur inspiration de spectacles comme la lanterne magique, le théâtre et la prestidigitation. On montre de petites fictions et de nombreux faitsd’actualités.

Parc Sohmer
Parc d’Ottawa
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Le Parc Sohmer de Montréal offre à un public populaire des représentations cinématographiques entre 1897 et 1915. Les frères George et Andrew Holland obtiennent en 1894 la primeur mondiale du Kinetoscope Edison,qu’ils exploitent d’abord dans une arcade new yorkaise. Le 21 juillet 1896, quelques semaines après la première représentation du Cinématographe Lumière à Montréal, ils organisent la première projection canadienne du Vitascope Edison dans un parc d’Ottawa.

Electric Theatre
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Source : Cinémathèque québécoise
Les projections ambulantes accompagnent souvent les spectacles forains dans les premiers temps du cinéma.
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-- Programmation

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-- Transport
  À l’époque d’Henry d’Hauterives, un projectionniste occupe tout aussi bien le rôle de bonimenteur que de monteur. La bobine du film est considérée comme un matériau brut que le projectionniste peut couper et remonter selon son gré. Il participe aussi au processus créatif en créant un spectacle de toutes pièces : de l’achat sélectif des bobines à leur assemblage. Le projectionniste décide en effet de l’ordre dans lequel les vues doivent être projetées. Quelques années plus tard, avec la multiplication des salles de représentation, les scopes, la plupart des projectionnistes ne changent plus de lieu, et par conséquent sont constamment contraints à renouveler leur programmation. Ils doivent dès lors louer les films aux distributeurs plutôt que de les acheter, ce qui implique une moins grande possibilité d’intervention sur les vues.
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-- Lieu de représentation
  La pratique ambulante d’Henry d’Hauterives et de Marie de Kerstrat appartient au « cinéma forain », typique de cette période. Ils produisent des tournées dans les grandes et petites villes, tâchant de faire correspondre leur date de passage avec celle des foires agricoles et des fêtes populaires. Bien que les vues animées constituent la principale attraction du spectacle cinématographique, l’accompagnement musical et la participation d’un bonimenteur sont également primordiaux. D’ailleurs, le talent du bonimenteur tient de ses dons d’orateur et de comédien pour susciter l’intérêt du public. Chaque projection est unique car elle tient de la performance.

Parc Sohmer
Auditorium
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Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Le pavillon de la musique du Parc Sohmer à Montréal accueille les projections cinématographiques dès 1902. Les représentations cinématographiques ont souvent lieu dans des salles communautaires comme celle-ci,au collège Loyola de Montréal.
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Milieu ouvrier (1906-1914)

-- Présentation
  Léo-Ernest Ouimet est la plus importante personnalité québécoise du cinéma muet. C’est en tant que projectionniste qu’il débute sa carrière, pour ensuite devenir exploitant de salles, réalisateur, distributeur et producteur. Le 1er janvier 1906, il devient le directeur d’une salle de cinéma qui porte son nom, le Ouimetoscope.

Caricature de Léo-Ernest Ouimet
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Source : GRAFICS
Léo-Ernest Ouimet est le distributeur canadien des films de la maison Pathé. Dans cette caricature de Jos Violon, parue dans le Canadian Moving Picture Digest du 1er juillet 1921,le coq emblème de cette compagnie est perché sur le trépied de Ouimet
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-- Transport
  À partir de 1906, les scopes, premières salles de représentation spécifiquement consacrées au cinéma, se multiplient : Montréal en compte déjà une trentaine en 1908. Le Ouimetoscope se démarque des autres scopes montréalais par la touche plus raffinée que Ouimet donne à sa salle. Son scope est précurseur et annonce l’émergence de salles plus luxueuses, les palaces, quelques années plus tard.
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-- Distribution de la programmation
  Les vues projetées au Canada sont pour la plupart importées des États-Unis ou de la France. Léo-Ernest Ouimet distribue pendant plusieurs années les films de la maison Pathé, une compagnie française ayant également une branche de production très active aux États-Unis. Ouimet et son opérateur Lactance Giroux filment par ailleurs des actualités régionales qui sont par la suite projetées au Ouimetoscope. Ouimets’intéresse épisodiquement à d’autres genres cinématographiques. Il tourne par exemple en 1908 une courte fiction intitulée Baptiste et son cochon.

Premier Ouimetoscope
Red Mill
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Le premier janvier 1906 Léo-Ernest Ouimet ouvre dans un ancien café-concert la première salle montréalaise consacrée aux vues animées : le Ouimetoscope. Cette salle est rasée à l’été 1907 afin de faire place à un nouveau Ouimetoscope,plus grand et plus luxueux. Le Theatorium, ouvert en mars 1906, est la première salle de vues animées de Toronto. Lorsque cette photographie est prise en 1914, la salle porte, déjà depuis quelques années, le nom de Red Mill.

The Princess
Storefront
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Le cinéma Princess à Edmonton en Alberta, vers 1915. Ce cinéma de 1914 en Ontario est typique des premières salles de cinéma installées dans des commerces. L’aspect tapageur de la réclame de la salle, dont la façade est entièrement couverte d’affiches, révèle un lieu hâtivement converti.
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-- La programmation
  Les scopes ont une clientèle essentiellement populaire. Toutefois, Ouimet tente d’attirer un public plus varié, provenant autant de la classe moyenne que des classes populaires. Pour ce faire, il augmente légèrement le prix des tickets et impose des horaires aux projections. Tandis que dans la plupart des scopes le spectacle dure moins d’une heure et présente une programmation reprise en boucle tout au long de la journée, le Ouimetoscope offre des représentations dont la durée peut aller jusqu’à deux heures et demie.

 
 
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise

 
 
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise

 
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Source : Cinémathèque québécoise
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-- Lieu de représentation
  Comme pour les projections ambulantes, les spectacles de vues animées ne se limitent pas seulement à la projection de films. La projection est généralement accompagnée de musique, mais aussi souvent d’un boniment. Au Québec, le boniment de films reste une pratique répandue jusqu’à l’arrivée du cinéma parlant. Pendant les changements de bobine, des numéros de variété et des chansons illustrées sont présentés. Les paroles de ces chansons sont souvent publiées par la suite dans des revues comme le Passe-temps et le Montréal qui chante. Le Ouimetoscope illustre même sa propre série de chansons illustrées vers 1910.

Tournage à Hollywood
Tournage à Hollywood
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Au cours des années 1910, le distributeur Léo-Ernest Ouimet importe au Canada nombre de films Pathé, notamment ceux d’Harold Lloyd.Cette photographie a été prise lors d’une visite de Ouimet sur le plateau de tournage d’un film de Lloyd. Harold Lloyd, célèbre acteur du cinéma burlesque américain des années 1910-1920, photographié en pleine action durant le tournage d’une de ses comédies.
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Milieu aisé (1915-1930)

-- Présentation
  Rae Levinsky, mieux connue sous le nom de Ray Lewis, est issue d’une famille juive migrée au Canada dans les années 1880. De 1918 à 1954, elle est rédactrice en chef du Canadian Moving Picture Digest, le premier journal destiné aux producteurs, distributeurs et exploitants de salles canadiens. Ray Lewis débute sa carrière comme artiste de théâtre et de vaudeville. Dans le milieu cinématographique, elle est également scénariste dans les années 1910, distributrice et propriétaire de salle dans les années 1930 et 1940.

Ray Lewis
Caricature de Ray Lewis
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Source : GRAFICS Source : GRAFICS
Ce portrait de Ray Lewis, publié dans le Canadian Moving Picture Digest le 24 décembre 1927, a été peint par Joshua Smith, le peintre britannique que la rédactrice épousa en 1920. Cartoon publié en première page du Canadian Moving Picture Digest le 4 octobre 1930. La rédactrice en chef du magazine, Ray Lewis, milite alors pour une plus grande présence du cinéma britannique sur les écrans canadiens, de même quepour la tenue d’une enquête sur les pratiques monopolistiques de l’industrie américaine.
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-- Distribution de la programmation
  Au cours des années 1920, la chaîne de salles Famous Players Canadian exerce de plus en plus de pouvoir sur l’industrie du cinéma au Canada. Dans les éditoriaux du Digest, Lewis défend les propriétaires de salles indépendantes, en dénonçant certaines pratiques monopolistiques de Famous Players Canadian. Lewis milite également pour une plus grande présence du cinéma britannique et canadien sur les écrans nationaux.
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-- La programmation
  C’est dans les années 1910 que le cinéma devient un véritable média de masse, attirant autant les membres de la classe moyenne que ceux de la classe populaire. Cet élargissement du public du cinéma est facilité par les journaux quotidiens, qui se mettent à cette époque à publier régulièrement les publicités des nouveaux palaces. Une presse spécialisée à l’attention des fans apparaît également à cette époque, tel le Panorama de Montréal en 1919. D’autres titres, comme le Canadian Moving Picture Digest de Lewis, servent quant à eux les besoins des membres de l’industrie du cinéma. Toutes ces publications contribuent à intégrer le cinéma dans la culture populaire et la vie économique des Canadiens.
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-- Transport

Strand
Isis
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Le Strand, premier palace cinématographique de Montréal, est érigé en 1912. La façade de ce cinéma situé à Calgary est recouverte d’un nombre étonnant d’affiches. Durant les années 1920, le bon goût veut que les affiches des palaces soient étalées d’une façon un peu moins tape-à-l’oeil.

Capitol
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Source : Cinémathèque québécoise
Ce cinéma situé en Saskatchewan est baptisé Capitol, comme nombre de salles appartenant au réseau Famous Players Canadian.
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-- Lieu de présentation
  Depuis les années 1910-1920, même si plusieurs salles de quartier continuent à offrir des espaces et des spectacles semblables à ceux des scopes, des salles de cinéma d’un nouveau type apparaissent : les palaces.Ces derniers offrent luxe et confort. L’architecture des palaces s’inspire en partie de celle des théâtres et des opéras du XIXe siècle. Façades, murs et plafonds sont chargés de fioritures, symboles extérieurs de richesse et d’élégance soulignant clairement le désir des exploitants d’attirer une clientèle bourgeoise et policée.

Le Rialto
Intérieur du Regent
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Source : Cinémathèque québécoise Source : Cinémathèque québécoise
Cette photographie de l’auditorium du Rialto permet de distinguer les différentes sections offertes aux spectateurs : le parterre et, à l’arrière,le standing room d’où il est possible de regarder les films en demeurant debout, de même que le balcon,auquel on accède par un escalier. La décoration fastueuse de cette salle du Regent rappelle avec raison celle d’une église. Plusieurs des artisans ayant réalisé ces fresques et moulures sont en effet régulièrement embauchés pour créer la décoration de ces lieux saints.
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