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Bioscope en l'an 1900
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Pour en savoir plus
Hébert, Pierre, Kenneth Landry, Yves Lever (dir.). 2006.Dictionnaire de la censure au Québec. Montréal : Fides.
Censure
 
La tradition de censure de la littérature au Québec est bien antérieure au cinéma.
Les premières années, le cinéma ne semble déranger personne. Il faut dire que les séances comportent souvent une Passion, ce qui n’est pas pour déplaire au clergé catholique.
Le cinéma ne tarde cependant pas à susciter une vive opposition du clergé, qui tente au cours de la première décennie du XXe siècle d’empêcher les projections le dimanche et de faire interdire l’accès aux salles de cinéma aux enfants.
Par ailleurs, en 1912, l’État crée le Bureau de censure des vues animées, lequel entre officiellement en action le 1er mai 1913. Désormais, aucun film ne pourra être projeté sans son autorisation. Le film peut être accepté ou refusé en entier, ou alors, le Bureau de censure le modifie en lui enlevant des segments jugés non conformes à la morale officielle. Bon an, mal an, de 1913 à 1930, environ 70 % des films sont approuvés intégralement, 22 % sont plus ou moins mutilés par les censeurs et les 8 % restants sont refusés ; toutefois, la plus grande partie de ces derniers est acceptée après avoir été épurée par le distributeur.
Des baisers trop longs, des costumes provocants, des scènes démontrant comment commettre certains crimes, des références au divorce et au suicide, des images se moquant des Canadiens français, toute critique de la religion ou des clercs, etc. Voilà un éventail de ce que les censeurs enlèvent surtout.
En avril 1926, exaspérés par la censure, les distributeurs américains lancent une très sérieuse menace de boycottage de tout le Québec. La menace déclenche une véritable affaire politique et le boycottage n’a finalement pas lieu.
Ainsi, au moment où se termine le muet, environ 25 % des films montrés au Québec ont été modifiés par l’État ou par les distributeurs. Parmi les films qui ne parviennent jamais sur les écrans figurent certains des meilleurs Griffith, Von Stroheim, Murnau, Eisenstein ou encore les premiers Buñuel.