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Bioscope en l'an 1900
description
Nitrate
 
Un film est composé d’un support sur lequel est étendue une émulsion où l’on retrouve l’image proprement dite. L’invention du cinéma à la fin du XIXe siècle repose ainsi sur le développement de longs rubans de films combinant souplesse, transparence et résistance. C’est en 1889 qu’un tel support, fait de nitrate de cellulose, est finalement mis au point. Dès lors, tout est possible. Jusqu’aux années 1950, le support des négatifs et des copies 35 mm sera en nitrate, ou celluloïd.
Matériau fort et résistant, celui-ci possède néanmoins un gros défaut : une inflammabilité extrême. Il brûle en combustion vive, même plongé dans l’eau, et dégage des gaz nitreux hautement toxiques. Il suffit que le film casse et s’immobilise dans le projecteur pour que la chaleur de la lanterne y mette le feu. Le nitrate fut ainsi responsable de plusieurs incendies et de nombreux décès dans les premières années du cinéma. Mais les compagnies réagissent en concevant des appareils qui enferment le film dans des magasins clos. Les cabines de projection deviennent elles aussi à l’épreuve du feu.
La crainte des incendies reste toutefois grande, tant chez les autorités qu’au sein du public des salles de cinéma, et les paniques qu’elle engendre s’avèrent tout aussi dangereuses que les incendies eux-mêmes. Une autre fâcheuse tendance de la pellicule nitrate est de se décomposer quelques dizaines d’années à peine après sa fabrication. Une fois entamé, rien ne peut empêcher ce processus. Les risques d’incendie, les problèmes de conservation associée à la pellicule nitrate expliquent pourquoi la grande majorité des films produits à l’époque du muet ont été perdus ou détruits.