test
<< Agrandir le document >>
Bioscope en l'an 1900
description
Le Laurier Palace
 
Inauguré en 1912 et situé rue Sainte-Catherine-est (côté nord, entre Dézéry et Préfontaine), dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, un quartier populaire francophone de Montréal, le Laurier Palace est la plus tristement célèbre des salles de cinéma montréalaises. Cet établissement typique de l’ère des « scopes » pouvait accueillir jusqu’à mille spectateurs dans des fauteuils au dossier de bois. Il possédait un balcon en fer à cheval relativement austère et n’avait pas, malgré son nom, la richesse ornementale et architecturale des grands palaces cinématographiques montréalais qui allaient surgir quelques années plus tard. Le Laurier Palace faisait partie d’une petite chaîne de cinémas montréalais (avec le Dominion, le King Edward et le Cinéma Maisonneuve) gérée par la famille Lawand.
Le dimanche 9 janvier 1927, alors que près de trois cents jeunes du quartier, âgés de 4 à 18 ans, se trouvent entassés au balcon de cette salle modeste, un incendie se déclare, sans doute dû à une allumette ou à une cigarette mal éteinte. Quoique mineur, l’incendie provoque un mouvement de panique au sein du jeune public. Les enfants se précipitent dans l’escalier, mais le percepteur de billets affolé leur ordonne de remonter. C’est la cohue. Les jeunes refoulés se heurtent dans l’escalier à ceux essayant toujours de se ruer vers la sortie. Résultat, malgré l’intervention rapide des pompiers qui permit de circonscrire les flammes (les dommages directs causés par l’incendie étaient assez réduits), soixante-dix-huit enfants se trouvent coincés sur les marches, et meurent piétinés ou victimes de suffocation.
Ce terrible drame eut un énorme retentissement. Cinquante mille Montréalais assistèrent aux obsèques et de nombreux théâtres et salles de cinéma furent temporairement fermés. Certains n’ont jamais rouvert. La commission chargée d’enquêter sur les causes de cette tragédie, que dirigeait le juge Louis Boyer, soumit diverses recommandations qui ont été à la base de la loi adoptée le 22 mars 1928 par le gouvernement Taschereau. Cette loi imposait que les salles possèdent des portes paniques qu’on puisse ouvrir en tout temps de l’intérieur, elle redéfinit les dimensions des zones de circulation et elle interdit l’accès des salles de cinéma aux jeunes de moins de 16 ans, qu’ils soient ou non accompagnés. Cette dernière mesure demeura en vigueur durant quarante années.